Une petite fontaine adossée au haut mur côté Jura, en bordure de la rue Basse, mérite qu'on écoute son histoire. Au-dessus d'un demi-bassin rond, une tête de bouc est sculptée dans une stèle. Il ne s'agit pas là d'un simple motif décoratif, mais d'une allusion à un fait authentique qui s'est déroulé sous la domination bernoise et que les autorités de Grandson ont tenu à ne pas laisser tomber dans l'oubli. A Grandson, comme dans toutes les localités viticoles, le maraudage dans les vignes était fréquent au temps des vendanges. Pour y mettre un frein, le Conseil décida de faire construire un "pilori", c'est-à-dire une cage en fer cylindrique pivotante, actionnée avec une manivelle. Ordre fut ensuite donné d'y mettre le maraudeur et de le virer jusqu'à étourdissement et reddition du corps du délit. Un jour, un bouc ou "bocan" fut surpris en train de divaguer dans les vignes. Et comme on n'admettait pas de faire une différence, on passa le dit "bocan" au tourniquet, exercice qu'il apprécia si peu qu'il en mourut ! Dès lors, les gens de Grandson furent désignés par le terme ironique de "vire-bocans". |